En un mois de road trip a travers toute l`afrique du sud et environ 6000 kms de parcourus avec ma hyundai i10 de location il n`y aura pas une seule journee sans son lot d`emotions.
Que ce soit a la vue de paysages sublimes, apres des rencontres inedites ou des aventures insolites.
( Desole pour l`absence d`accent dans mon texte mais ce clavier anglophone n`en possede visiblement pas ... )
Du coucher de soleil au sommet de Lions head avec vue a 360 degres sur la baie de Cape town a mon bain matinal dans l`ocean atlantique a 12 degres sur la plage de Scarborough.
Du concert des Young natives , un groupe de folk afro europeen, en compagnie de jordi photographe et musicien hollandais rencontre a Scarborough; a la traversee nue d`une riviere au beau milieu d`un marais gigantesque qui me barrait le passage lors de ma randonnee a Hogsback.
En passant par ma rencontre avec Sacha , allemand globe trotter aux yeux bleus et cheveux noirs rasta, a mon footing en claquette en plein milieu de nulle part dans le desert du Karoo ( on verra plus tard pourquoi en claquette...) ou encore a mom premier face a face avec un elephant et une girafe gigantesque dans le parc Kruger ...
Tous ces moments resteront graves en moi mais il y en a trois qui m`ont touches avec plus de forces et sur lesquelles je veux revenir plus en profondeur.
Tout d`abord l`histoire quelque peu tragique de cette vache qui a ete sacrifie devant mes yeux ( puis entierement decoupe...) avec une sorte de pic a glace afin de servir de banquet lors d`un mariage traditionnel ayant lieu deux jours plus tard dans un village du Swaziland dans lequel je passai la nuit.
Un spectacle peu rejouissant suivi d`une sorte de degustation de quelques morceaux de choix a peine cuit sur un feu de bois, de la viande fraiche pour le coup !
Il y a ensuite ma "ballade"en plein Soweto, le quartier populaire de Johannesburg qui a vu grandir deux prix nobel de la paix : Desmond Tutu et Nelson Mandela; et connu les revoltes les plus sanglantes des blacks opprimes lors de l`appartheid.
J`y ai croise une population noire dynamique et acceuillante ayant visiblement soif de libertes, de vie, de partages... Avec entres autres tout ces enfants des rues qui vous tapent dans les mains et vous invitent a venir jouer avec eux. ce que j`ai fait illico avec une partie de foot dans un champ et avec un ballon de foot creve . J`ai joue pieds nus pour faire comme eux , mauvaise idee car en marquant un but je dois dire spectaculaire je me suis ouvert le gros orteil , sang a foison et fin de la partie pour moi ! Mais trois jours apres heureusement j`arrive a nouveau a marcher sans problemes .
Et enfin il y a cet evenement un peu moins rejouissant mais qui fait partie des risques de tout voyage quelque peu aventureux. Ainsi il y a quelques jours dans la ville miniere ( or et diamants ) de Kimberley , en me reveillant le matin j`ai eu la mauvaise surprise de constater l`effraction de ma voiture de location qui etait pourtant situe sur le parking soit disant securise de l`hotel...
Deux vitres brisees qui auront necessite un changement de vehicule ( chevrolet spark cette fois) a l`agence avis la plus proche et une declaration de police laborieuse.
Le plus embetant est la disparition de ma veste de pluie et surtout de mes chaussures asics que j`avais laisse sur le siege arriere.
D`ou les claquettes de hier lors de mon footing ... Prochaine etape courir pieds nus... J`espere en tout cas que mon voleur de chaussures apprecie son butin et qu`avec ses toutes nouvelles asics gel fuji attack 5 il coure encore plus vite ... Enjoy fucking bastard !
jeudi 16 février 2017
mercredi 15 février 2017
Drakensberg / lesotho
Déjà longtemps avant mon arrivée en Afrique du sud ces deux lieux m' aimantaient. Ils évoquaient à la fois une nature sauvage et préservée, nuages et à pics vertigineux, espace hostile quasi inhabité.
Le Lesotho est une sorte d' enclave isolée du reste de la culture europeannisé d' une grande partie de l' Afrique du sud constitué essentiellement de bergers gardant leurs troupeaux de moutons sur des hauts plateaux venteux et des landes désolés situés le plus souvent à près de 3000 m d' altitude.
En effet le Lesotho est le pays à l' altitude moyenne la plus élevé au monde , plus de 2300 m !
Je l' ai abordé par le nord-est, au niveau du Sani Pass, un col uniquement accessible de ce côté en 4x4, a dos d' ânes ou à pied.
J' ai choisi cette dernière option bien sure. Une marche de 30 km environ aller retour à travers les montagnes du Drakensberg ( littéralement montagne du dragon ) qui évoquent sur beaucoup d' aspects les films du seigneur des anneaux. Des collines verdoyantes et des lacs sombres puis subitement de hautes falaises rocheuses et des cascades vertigineuses.
L' ascension reste relativement facile car progressive. Au col on passe directement au poste frontière et de suite on est dans une autre ambiance, hors du temps. Les bergers vivent ici dans des huttes sommaires faites de terre et pierre mélangés avec des toits de chaume.
Ils sont habillés d'une sorte de couverture de laine sombre et d' une cagoule qui leurs couvrent presque tout le visage et leurs donnent un air fantomatique. Ils me font penser à la tribue des Mogwai dans Star wars...Décidément les références cinématographiques de science fiction se multiplient. Mais il est vrai que l' on a du mal à se croire au 21 ème siècle dans cette ambiance là.
Le contact avec les autochtones est difficile car il sont soit farouches soit pressés de vous soutirez un peu d'argent en échange d' une photo ou d' un souvenir. Je leur donne plutôt un morceau de brioche qui constituait mon casse croûte, ils semblent apprécier la chose ...
Au col il y a également une auberge pour randonneur et un bar tenu visiblement par un allemand vu la décoration et le gluwein à la carte !
Je prends juste un café dans ce " plus haut bar d' Afrique" et attaque la descente.
Le retour vers la civilisation ordinaire est à la fois un pincement au coeur et un soulagement. Vivre dans ces contrées sauvages n' est certainement pas une sinecure, mais quelques jours histoire de deconnecter totalement ne m' aurait pas déplu !
Cependant j' ai encore tant de choses à voir dans mon road trip et peu de temps devant moi.
En voyage, presque à chaque instant, in est ammené à faire un choix : entre la gauche ou la droite, la poursuite de son avancée, le demi- tour ou le surplace.
Surplace qui signifierait d' une certaine manière la fin du voyage. Et j' ai - peut -être est ce d' ailleurs un tort ? - toujours en moi cette envie d' avancer, d' aller voir ailleurs, plus loin, toujours plus loin...
.
Le Lesotho est une sorte d' enclave isolée du reste de la culture europeannisé d' une grande partie de l' Afrique du sud constitué essentiellement de bergers gardant leurs troupeaux de moutons sur des hauts plateaux venteux et des landes désolés situés le plus souvent à près de 3000 m d' altitude.
En effet le Lesotho est le pays à l' altitude moyenne la plus élevé au monde , plus de 2300 m !
Je l' ai abordé par le nord-est, au niveau du Sani Pass, un col uniquement accessible de ce côté en 4x4, a dos d' ânes ou à pied.
J' ai choisi cette dernière option bien sure. Une marche de 30 km environ aller retour à travers les montagnes du Drakensberg ( littéralement montagne du dragon ) qui évoquent sur beaucoup d' aspects les films du seigneur des anneaux. Des collines verdoyantes et des lacs sombres puis subitement de hautes falaises rocheuses et des cascades vertigineuses.
L' ascension reste relativement facile car progressive. Au col on passe directement au poste frontière et de suite on est dans une autre ambiance, hors du temps. Les bergers vivent ici dans des huttes sommaires faites de terre et pierre mélangés avec des toits de chaume.
Ils sont habillés d'une sorte de couverture de laine sombre et d' une cagoule qui leurs couvrent presque tout le visage et leurs donnent un air fantomatique. Ils me font penser à la tribue des Mogwai dans Star wars...Décidément les références cinématographiques de science fiction se multiplient. Mais il est vrai que l' on a du mal à se croire au 21 ème siècle dans cette ambiance là.
Le contact avec les autochtones est difficile car il sont soit farouches soit pressés de vous soutirez un peu d'argent en échange d' une photo ou d' un souvenir. Je leur donne plutôt un morceau de brioche qui constituait mon casse croûte, ils semblent apprécier la chose ...
Au col il y a également une auberge pour randonneur et un bar tenu visiblement par un allemand vu la décoration et le gluwein à la carte !
Je prends juste un café dans ce " plus haut bar d' Afrique" et attaque la descente.
Le retour vers la civilisation ordinaire est à la fois un pincement au coeur et un soulagement. Vivre dans ces contrées sauvages n' est certainement pas une sinecure, mais quelques jours histoire de deconnecter totalement ne m' aurait pas déplu !
Cependant j' ai encore tant de choses à voir dans mon road trip et peu de temps devant moi.
En voyage, presque à chaque instant, in est ammené à faire un choix : entre la gauche ou la droite, la poursuite de son avancée, le demi- tour ou le surplace.
Surplace qui signifierait d' une certaine manière la fin du voyage. Et j' ai - peut -être est ce d' ailleurs un tort ? - toujours en moi cette envie d' avancer, d' aller voir ailleurs, plus loin, toujours plus loin...
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lundi 30 janvier 2017
Parti revenir repartir
Partir, revenir, repartir...
Passé, présent, futur...
Ce bref retour en alsace aup
rès de mon père m'a redonné un certain élan pour la suite de mon périple autour du monde.
J' y ai pris conscience de l' importance d' avoir des racines solides pour pouvoir voler toutes ailes déployés.
J' y ai également misent application la maxime :" carpe diem", en passant ces 15 jours à profiter au mieux de la compagnie de mes proches, à me reposer et à goûter aux joies de l' hiver.
En particulier les côtes de boeuf du padre, les histoires croustillantes du couz Arnaud et la grosse attaque à ski sur les pistes du lac blanc ou du champ du feu.
Je ne me suis pas vraiment retourné sur ce que j' avais fait ces trois derniers mois ni penché sur ce qui m' attends ensuite.
Non, ce qui m' intéresse c' est le jour présent et savoir apprécier en pleine conscience ce que je fais, ce que j' observe, ce que je ressens.
Laisser de côté les regrets et les angoisses pour ne garder que les émotions positive du moment.
Et le présent c' est l' Afrique du sud ou je viens de débuter un road trip de 3 semaines. Un pays étonnant dont je n' ai pas encore saisi toute la diversité. Entre montagne et océan, villa luxueuse et township de tôles. Mais Table mountain, Cape point où la garden route sonnent déjà en moi comme des lieux inoubliables. Et me donne raison sur la nécessité de repartir sur la route à nouveau, car le merveilleux n' a pas de fin, il suffit d' avoir le courage de se lancer sur son chemin.
Passé, présent, futur...
Ce bref retour en alsace aup
rès de mon père m'a redonné un certain élan pour la suite de mon périple autour du monde.
J' y ai pris conscience de l' importance d' avoir des racines solides pour pouvoir voler toutes ailes déployés.
J' y ai également misent application la maxime :" carpe diem", en passant ces 15 jours à profiter au mieux de la compagnie de mes proches, à me reposer et à goûter aux joies de l' hiver.
En particulier les côtes de boeuf du padre, les histoires croustillantes du couz Arnaud et la grosse attaque à ski sur les pistes du lac blanc ou du champ du feu.
Je ne me suis pas vraiment retourné sur ce que j' avais fait ces trois derniers mois ni penché sur ce qui m' attends ensuite.
Non, ce qui m' intéresse c' est le jour présent et savoir apprécier en pleine conscience ce que je fais, ce que j' observe, ce que je ressens.
Laisser de côté les regrets et les angoisses pour ne garder que les émotions positive du moment.
Et le présent c' est l' Afrique du sud ou je viens de débuter un road trip de 3 semaines. Un pays étonnant dont je n' ai pas encore saisi toute la diversité. Entre montagne et océan, villa luxueuse et township de tôles. Mais Table mountain, Cape point où la garden route sonnent déjà en moi comme des lieux inoubliables. Et me donne raison sur la nécessité de repartir sur la route à nouveau, car le merveilleux n' a pas de fin, il suffit d' avoir le courage de se lancer sur son chemin.
mercredi 11 janvier 2017
Adios Honor 7.
Après trois mois d'aventures communes, mon fidèle compagnon Honor 7 , a été enlevé à mon affection à Buenos Aires.
Dit plus crument, on a volé mon téléphone portable ... au sein même de ma chambre d'hôtel pendant mon sommeil alors qu'il était posé sur la table de nuit. Difficilement croyable et pourtant c'est bien arrivé ! Un voleur sacrément culotté avec sûrement un complice au sein même du personnel de l'hôtel pour lui permettre d'entrer . J' ai bien fait une déclaration de vol a la police locale , mais bon voila, autant se faire une raison il ne reviendra pas.
Toujours est-il que j'ai quitté Buenos Aires au plus vite le lendemain, pas vraiment sous le charme, même si voir les langoureuses danseuses de tango ne m'a pas laissé insensible...
J'ai mis le cap sur Colonia del Sacramento en Uruguay juste sur l'autre rive du Rio de la Plata. Une toute autre atmosphère, avec ses vieilles ruelles pavées, son phare et son petit port sur lequel se retrouve tous les soirs les autochtones pour y siroter du maté tout en regardant le soleil se coucher... bref de quoi oublier ce cher Honor 7 . J'y suis très vite passé du stade énervé et dépité a celui de serein et libéré.
Il faut dire que sans téléphone on gagne un temps fou sur la journée pour tout simplement ne rien faire ce qui de nos jours est un luxe , et d'esclave ( d'internet, Facebook et autres sms...) on redevient maître de son temps...
Par contre plus de photos pour agrémenter mes textes, mais toujours autant d'aventures à raconter !
La suivante est le récit de mon voyage tourmenté entre Colonia en Uruguay et San Ignacio Missiones en Argentine via un passage semi-clandestin par Uruguayana au Brésil.
Il faut dire que j'ai cherché les emmerdes en passant par là plutôt qu'en suivant le chemin classique des touristes entre Buenos Aires et Iguassu.
En effet, et cela se comprend aisément, moins il y a de touristes et plus il y a de difficultés pour se déplacer et trouver un hébergement. Par contre les rencontres avec les locaux sont d'autant plus aisées et authentiques qu'elles deviennent vitales pour se sortir de certaines situations.
Ainsi j'ai tout d'abord pris mardi vers midi un bus local s'arrêtant dans tout les villages pour remonter vers Salto puis Bella Union ou vers 1h du matin après 11 h de trajet pour faire 300 km j' ai réussi à trouver un hôtel bon marché sur les conseils du poste de police local.
Le lendemain , après une heure de stop sans succès j'ai finalement pris un taxi pour rejoindre la gare routière du secteur ou je suis arrivé 5 minutes trop tard pour prendre le bus. Le prochain étant dans 5 h je me suis remis au stop mais cette fois avec une autre tactique . Je me suis rendu directement dans une station service pour y accoster les conducteurs plus aisément, et bingo, un camionneur uruguayen accepte de me prendre à son bord direction la première ville brésilienne après la frontière.
Un voyage de 2H cahotique mais vraiment sympa avec Diego qui en cadeau , tout fier , me laissera un petit drapeau de son pays ! En échange je lui laisse le paquet de maté acheté la veille . Bon troc !
On passe la frontière sans aucun soucis ( il n'y a qu'une douane côté argentin, du coup pas de tampon du Brésil sur mon passeport ...) et il me laisse à l'entrée de la ville , je fais le reste à pied jusqu'à un arrêt de bus ou je demande des infos pour rejoindre l'Argentine ce qui vu mon niveau de portuguais est quelque peu problématique ; mais bon je comprend plus ou moins qu'un bus devrait bientôt y aller .
Finalement il viendra au bout de 2H30 d'attente ! la notion de bientôt est toute relative selon ou se trouve ...
A bord je suis visiblement le seul étranger et on file direction la frontière de Pasos de Los Libres. Et là , gros problème . Le douanier brésilien me fait remarquer que je n'ai pas de tampon d'entrée au brésil et que du coup il me considère comme clandestin et ne peut accepter de me laisser sortir du pays. Gros stress pour moi , notamment lorsqu'il prétend que je dois rejoindre le consulat de France le plus proche ( tout de même a 500 km de là ) pour m'y faire délivrer moyennant finance un droit de sortie . Les locaux s'impatientent et l'un deux vient à mon secours en essayant d'amadouer le douanier, il me fait discrètement comprendre que celui ci voudrait certainement un bakchich mais que je ne dois pas céder. Au bout d'un quart d'heure de palabre il me laisse finalement partir , ouf !
Mais le voyage n'est pas fini ...
Il me restera deux autres bus et 3h d'attente à Posadas pour arriver finalement vers 2H du matin a San Ignacio. Il s'agit d'un petit village construit autour des ruines d'une ancienne mission jésuite du 18 éme siècle ( celles du fameux film de Roland Joffé avec Jérémy Irons : Missions ).
Dans les rues il flotte une ambiance étrange , pas de route goudronnée , juste de la terre ocre, de grands arbres verts et le bruit des cigales amazonniennes . Mais paradoxalement encore beaucoup de monde sur la place du village, des autochtones indiens Guarani assis à discuter entre eux en profitant de la relative fraîcheur de la nuit. Il y a là un arbre de noël fait de bouteilles en plastiques recyclées et cela me fait penser que dans deux jours c'est Noël ! Un Réveillon que je passerai aux chutes d'Iguassu loin de ma famille et sans bredala ni vin chaud... Un soupçon de nostalgie me prend mais je suis épuisé par ce voyage et ma priorité est de trouver un lit pour dormir.
Un jeune Guarani me renseigne , pas surpris de me voir arriver à cette heure tardive, et je trouve un lit dans une auberge bon marché. Quand je me couche il est 3h passé. C'était le prix à payer pour tracer sa route en dehors des sentiers battus ...
Dit plus crument, on a volé mon téléphone portable ... au sein même de ma chambre d'hôtel pendant mon sommeil alors qu'il était posé sur la table de nuit. Difficilement croyable et pourtant c'est bien arrivé ! Un voleur sacrément culotté avec sûrement un complice au sein même du personnel de l'hôtel pour lui permettre d'entrer . J' ai bien fait une déclaration de vol a la police locale , mais bon voila, autant se faire une raison il ne reviendra pas.
Toujours est-il que j'ai quitté Buenos Aires au plus vite le lendemain, pas vraiment sous le charme, même si voir les langoureuses danseuses de tango ne m'a pas laissé insensible...
J'ai mis le cap sur Colonia del Sacramento en Uruguay juste sur l'autre rive du Rio de la Plata. Une toute autre atmosphère, avec ses vieilles ruelles pavées, son phare et son petit port sur lequel se retrouve tous les soirs les autochtones pour y siroter du maté tout en regardant le soleil se coucher... bref de quoi oublier ce cher Honor 7 . J'y suis très vite passé du stade énervé et dépité a celui de serein et libéré.
Il faut dire que sans téléphone on gagne un temps fou sur la journée pour tout simplement ne rien faire ce qui de nos jours est un luxe , et d'esclave ( d'internet, Facebook et autres sms...) on redevient maître de son temps...
Par contre plus de photos pour agrémenter mes textes, mais toujours autant d'aventures à raconter !
La suivante est le récit de mon voyage tourmenté entre Colonia en Uruguay et San Ignacio Missiones en Argentine via un passage semi-clandestin par Uruguayana au Brésil.
Il faut dire que j'ai cherché les emmerdes en passant par là plutôt qu'en suivant le chemin classique des touristes entre Buenos Aires et Iguassu.
En effet, et cela se comprend aisément, moins il y a de touristes et plus il y a de difficultés pour se déplacer et trouver un hébergement. Par contre les rencontres avec les locaux sont d'autant plus aisées et authentiques qu'elles deviennent vitales pour se sortir de certaines situations.
Ainsi j'ai tout d'abord pris mardi vers midi un bus local s'arrêtant dans tout les villages pour remonter vers Salto puis Bella Union ou vers 1h du matin après 11 h de trajet pour faire 300 km j' ai réussi à trouver un hôtel bon marché sur les conseils du poste de police local.
Le lendemain , après une heure de stop sans succès j'ai finalement pris un taxi pour rejoindre la gare routière du secteur ou je suis arrivé 5 minutes trop tard pour prendre le bus. Le prochain étant dans 5 h je me suis remis au stop mais cette fois avec une autre tactique . Je me suis rendu directement dans une station service pour y accoster les conducteurs plus aisément, et bingo, un camionneur uruguayen accepte de me prendre à son bord direction la première ville brésilienne après la frontière.
Un voyage de 2H cahotique mais vraiment sympa avec Diego qui en cadeau , tout fier , me laissera un petit drapeau de son pays ! En échange je lui laisse le paquet de maté acheté la veille . Bon troc !
On passe la frontière sans aucun soucis ( il n'y a qu'une douane côté argentin, du coup pas de tampon du Brésil sur mon passeport ...) et il me laisse à l'entrée de la ville , je fais le reste à pied jusqu'à un arrêt de bus ou je demande des infos pour rejoindre l'Argentine ce qui vu mon niveau de portuguais est quelque peu problématique ; mais bon je comprend plus ou moins qu'un bus devrait bientôt y aller .
Finalement il viendra au bout de 2H30 d'attente ! la notion de bientôt est toute relative selon ou se trouve ...
A bord je suis visiblement le seul étranger et on file direction la frontière de Pasos de Los Libres. Et là , gros problème . Le douanier brésilien me fait remarquer que je n'ai pas de tampon d'entrée au brésil et que du coup il me considère comme clandestin et ne peut accepter de me laisser sortir du pays. Gros stress pour moi , notamment lorsqu'il prétend que je dois rejoindre le consulat de France le plus proche ( tout de même a 500 km de là ) pour m'y faire délivrer moyennant finance un droit de sortie . Les locaux s'impatientent et l'un deux vient à mon secours en essayant d'amadouer le douanier, il me fait discrètement comprendre que celui ci voudrait certainement un bakchich mais que je ne dois pas céder. Au bout d'un quart d'heure de palabre il me laisse finalement partir , ouf !
Mais le voyage n'est pas fini ...
Il me restera deux autres bus et 3h d'attente à Posadas pour arriver finalement vers 2H du matin a San Ignacio. Il s'agit d'un petit village construit autour des ruines d'une ancienne mission jésuite du 18 éme siècle ( celles du fameux film de Roland Joffé avec Jérémy Irons : Missions ).
Dans les rues il flotte une ambiance étrange , pas de route goudronnée , juste de la terre ocre, de grands arbres verts et le bruit des cigales amazonniennes . Mais paradoxalement encore beaucoup de monde sur la place du village, des autochtones indiens Guarani assis à discuter entre eux en profitant de la relative fraîcheur de la nuit. Il y a là un arbre de noël fait de bouteilles en plastiques recyclées et cela me fait penser que dans deux jours c'est Noël ! Un Réveillon que je passerai aux chutes d'Iguassu loin de ma famille et sans bredala ni vin chaud... Un soupçon de nostalgie me prend mais je suis épuisé par ce voyage et ma priorité est de trouver un lit pour dormir.
Un jeune Guarani me renseigne , pas surpris de me voir arriver à cette heure tardive, et je trouve un lit dans une auberge bon marché. Quand je me couche il est 3h passé. C'était le prix à payer pour tracer sa route en dehors des sentiers battus ...
PS / Photo prise à Rio ou j'ai passé un nouvel an stratosphérique mais qui aura laissé des traces ...
juste avant mon bref retour pour quelques jours en Alsace pour me ressourcer après 3 mois et demi intense ; bientôt la suite de mon tour du monde direction Le Cap en Afrique du Sud.
vendredi 16 décembre 2016
L'homme de Kazan.
L'homme de Kazan.
C'est sur l'île du bout du monde, au bout de près de 3 mois de voyage que j'ai vécu un de ces moments improbables, une vraie histoire de roman...
A la croisée entre : Le phare du bout du monde de Jules Verne, Limonov d'Emmanuel Carrère et Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson .
L'histoire débute a Punta Arenas ou je monte a bord d'un ferry à destination de Puerto Williams, le village le plus au Sud du monde, sur l'île chilienne de Navarino.
Une petite expédition de 30 heures a travers des îles et passes tortueuses , avec des creux de 3 mètres et des glaciers venant se jeter dans l'océan.
Des heures passées en cabine ou sur le pont, a goûter aux embruns et découvrir ces terres parmi les plus isolées et les plus hostiles du monde.
On aura même droit sur la fin à un passage bref mais majestueux d'une baleine sur le canal de Beagle.
J'y fait la connaissance de Ravil, un russe, ou plutôt pardon un tatar, de 58 ans , habitant Kazan, au bord de la Volga.
Il a tout du russe , l'accent, le visage émacié, une résistance hors norme et une vie a coucher dehors...
Il est parti sur un coup de tête pour l'Amérique du Sud, avec encore moins de bagages que moi et pas de plan car selon lui le meilleur plan c'est encore de ne pas en avoir...
Ne sachant pas ou loger sur Puerto Williams ( seulement 2000 habitants et une ambiance beaucoup plus authentique et "austral" que sa voisine Ushuaia avec ses 30 000 habitants et presque autant de touristes ), il débarque avec moi au refugio el padrino , une sorte d'auberge espagnole tenue par Cécilia qui traite tout le monde comme faisant partie de sa famille. On s'y sent a l'aise malgré le côté rustique/bordelique et le froid piquant qui règne dans les chambres.
Le jour même de notre arrivée nous partons pour une randonnée a travers le massif des Dientes de Navarino, lui et moi sommes sur la même longueur d'ondes, on communique en anglais approximatif et décidons dès que possible de quitter le chemin balisé pour poursuivre plus haut sur la montagne et avoir une vue magnifique a 360 degré sur l'île , le canal de Beagle, et même au fond l'océan Pacifique tout proche du cap Horn.
Nous marcherons près de huit heures, en grande partie au jugée a slalomer entre les marécages et souches d'arbres parsemant cette forêt du bout du monde.
Ravil est loquace mais son repas frugal ( 2 barres de céréales et une orange ) et sa tenue pas vraiment adapté : un vieux pantalon de ski, une polaire trop grande pour lui et des baskets low cost au pied.
Il me diras plus tard n'avoir que 2 tee shirt et une seule paire de chaussures et chaussettes ! Finalement je vis dans le luxe a côté de lui...
Qu'importe, il avance sans rechigner et suit ma trace hasardeuse avec un enthousiasme juvénile.
Le soir nous mangeons ensemble et il me raconte une -petite- partie de sa vie.
Son père a été envoyé 9 ans au goulag pour avoir vanté les mérites des voitures ouest allemandes, sa femme se droguait et s'est fait la malle, pendant plusieurs années il n'a pas revu sa fille et il a vécu ensuite avec une femme de 22 ans sa cadette...
En dehors de cela il est très cultivé ,adepte d'opéra et a un diplôme d'ingénieur en électronique. Il a fait fortune dans le commerce avant de presque tout perdre lorsque Poutine a dévalué le rouble. Finalement ces dernières années il est devenu moniteur de snow kite et kite surf , bref rien que de très normal...
Nous passons les deux journées suivantes a vadrouiller ensemble, il me parle de Mister Poutine comme il l'appelle et n'est pas très optimiste sur l'avenir de son pays.
La veille de mon départ pour ushuaia il a neigé toute la nuit, le froid et le vent sont mordant mais nous décidons tout de même de partir explorer la côte en direction de Caleta Eugenia, dernière habitation vers l'est de l'île.
Nous marchons un moment puis un camion arrive et nous prends en stop sur quelques kilomètres. Il reste ensuite 10 kilomètres a faire a pied, en sachant qu'au retour si
C'est sur l'île du bout du monde, au bout de près de 3 mois de voyage que j'ai vécu un de ces moments improbables, une vraie histoire de roman...
A la croisée entre : Le phare du bout du monde de Jules Verne, Limonov d'Emmanuel Carrère et Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson .
L'histoire débute a Punta Arenas ou je monte a bord d'un ferry à destination de Puerto Williams, le village le plus au Sud du monde, sur l'île chilienne de Navarino.
Une petite expédition de 30 heures a travers des îles et passes tortueuses , avec des creux de 3 mètres et des glaciers venant se jeter dans l'océan.
Des heures passées en cabine ou sur le pont, a goûter aux embruns et découvrir ces terres parmi les plus isolées et les plus hostiles du monde.
On aura même droit sur la fin à un passage bref mais majestueux d'une baleine sur le canal de Beagle.
J'y fait la connaissance de Ravil, un russe, ou plutôt pardon un tatar, de 58 ans , habitant Kazan, au bord de la Volga.
Il a tout du russe , l'accent, le visage émacié, une résistance hors norme et une vie a coucher dehors...
Il est parti sur un coup de tête pour l'Amérique du Sud, avec encore moins de bagages que moi et pas de plan car selon lui le meilleur plan c'est encore de ne pas en avoir...
Ne sachant pas ou loger sur Puerto Williams ( seulement 2000 habitants et une ambiance beaucoup plus authentique et "austral" que sa voisine Ushuaia avec ses 30 000 habitants et presque autant de touristes ), il débarque avec moi au refugio el padrino , une sorte d'auberge espagnole tenue par Cécilia qui traite tout le monde comme faisant partie de sa famille. On s'y sent a l'aise malgré le côté rustique/bordelique et le froid piquant qui règne dans les chambres.
Le jour même de notre arrivée nous partons pour une randonnée a travers le massif des Dientes de Navarino, lui et moi sommes sur la même longueur d'ondes, on communique en anglais approximatif et décidons dès que possible de quitter le chemin balisé pour poursuivre plus haut sur la montagne et avoir une vue magnifique a 360 degré sur l'île , le canal de Beagle, et même au fond l'océan Pacifique tout proche du cap Horn.
Nous marcherons près de huit heures, en grande partie au jugée a slalomer entre les marécages et souches d'arbres parsemant cette forêt du bout du monde.
Ravil est loquace mais son repas frugal ( 2 barres de céréales et une orange ) et sa tenue pas vraiment adapté : un vieux pantalon de ski, une polaire trop grande pour lui et des baskets low cost au pied.
Il me diras plus tard n'avoir que 2 tee shirt et une seule paire de chaussures et chaussettes ! Finalement je vis dans le luxe a côté de lui...
Qu'importe, il avance sans rechigner et suit ma trace hasardeuse avec un enthousiasme juvénile.
Le soir nous mangeons ensemble et il me raconte une -petite- partie de sa vie.
Son père a été envoyé 9 ans au goulag pour avoir vanté les mérites des voitures ouest allemandes, sa femme se droguait et s'est fait la malle, pendant plusieurs années il n'a pas revu sa fille et il a vécu ensuite avec une femme de 22 ans sa cadette...
En dehors de cela il est très cultivé ,adepte d'opéra et a un diplôme d'ingénieur en électronique. Il a fait fortune dans le commerce avant de presque tout perdre lorsque Poutine a dévalué le rouble. Finalement ces dernières années il est devenu moniteur de snow kite et kite surf , bref rien que de très normal...
Nous passons les deux journées suivantes a vadrouiller ensemble, il me parle de Mister Poutine comme il l'appelle et n'est pas très optimiste sur l'avenir de son pays.
La veille de mon départ pour ushuaia il a neigé toute la nuit, le froid et le vent sont mordant mais nous décidons tout de même de partir explorer la côte en direction de Caleta Eugenia, dernière habitation vers l'est de l'île.
Nous marchons un moment puis un camion arrive et nous prends en stop sur quelques kilomètres. Il reste ensuite 10 kilomètres a faire a pied, en sachant qu'au retour si
personne ne nous prends en stop il nous restera 25 kilomètres pour revenir.
Qu'importe, lui comme moi ne voulons pas faire demi-tour avant d'avoir atteint le bout de la route !
Enfin nous apercevons une habitation, il est presque 18 heures, des chiens aboient et viennent a notre rencontre mais personne ne semble vivre ici.
Et puis alors qu'au bout de quelques minutes nous pensons a rentrer je vois quelqu'un derrière une fenêtre, nous approchons et il nous ouvre sa porte, il a l'air endormi et un peu saoul mais pas agressif.
Spontanément , comme pour l'apprivoiser, Ravil lui offre une orange et en retour lui nous propose du café.
Nous acceptons son hospitalité et passons quelques minutes a l'intérieur.
C'est vraiment rustique, il ne parle pas un mot d'anglais et nous très peu l'espagnol.
Nous comprenons tout de même plus ou moins qu'il vit là tout seul.
Retraité de la marine marchande chilienne il a beaucoup voyagé avant de poser son baluchon ici sur cette crique isolée de l'ile du bout du monde.
Il apprécie Ravil car il croit que tous les russes sont communistes comme lui...
Quant a moi , apprenant que je suis français il me montre une vieille bouteille de champagne a l'intérieur de laquelle un message est écris en français, il me demande de lui dire de quoi il s'agit, j'ai du mal a déchiffrer mais c'est juste quelques mots banals d'un navigateur français qui visiblement lors de son passage dans le canal de Beagle avec son voilier a jeté cette bouteille a la mer.
Un moment hors du temps...mais il nous faut partir même si sûrement lui aurait aimé poursuivre la "conversation".
Nous marchons plus d'une heure sans croiser personne, on se prépare mentalement a en baver pour arriver a nouveau au refugio el padrino lorsque tout a coup une voiture approche, il s'agit de 3 jeunes de Puerto Williams qui se balladent en 4x4, ils acceptent de nous ramener d'ici quelques minutes, on se serre a l'arrière et c'est parti .
On a aura été chanceux car ensuite plus aucune voiture ne viendras sur toute la route du retour.
Ravil aimerait bien trouver une place en dernière minute sur un bateau a destination de l'Antarctique, il me promet de m'heberger si un jour ma route passe par Kazan et que lui y est toujours, cela tombe bien , le transsiberien y fait une halte !
On verra bien , car comme il l'a dit le meilleur plan est bien souvent de ne pas en avoir afin que l'aventure vous prenne par surprise au bout du chemin ...
jeudi 8 décembre 2016
Fitz roy / Cerro torre.
Lors de mon passage a El Chalten j'ai passé 4 jours a crapahuter sur les sentiers de montagnes approchant au plus près le Fitz Roy et le Cerro Torre.
Deux montagnes magiques, deux sommets mythiques, deux voisins mangeurs d'hommes.
Pour les français le Fitz roy reste associé a jamais à son premier vainqueur , Lionel Terray, qui en 1952 en compagnie de Guido Magnone, y fit étalage de tout son courage et tout son talent.
Les pics alentours portent d'ailleurs les noms d'autres illustres tricolores : Poincenot, Metmoz, Guillaumet, Saint-Exupéry, passés par les airs au dessus de ces contrées inhospitalière a l'époque glorieuse de l'Aéropostale.
Quand au Cerro Torre il est plutôt lié aux italiens et à une des plus grande controverse de l'alpinisme moderne.
Lorsqu'en 1959, Cesare Maestri et Toni Egger affronte ses parois terminales de granit et de glace, le second y laisse sa vie alors que le premier affirme avoir en atteint le sommet mais sans preuves puisque les photos ont été perdus.
On met très vite en doute la véracité des propos de Maestri qui n'arrive pas à argumenter clairement a propos de la ligne choisie pour aller au sommet.
Walter Bonatti s'y frotte sans succès et le Cerro Torre est alors considéré comme une montagne impossible ...
Touché dans son orgueil, Maestri y retourne en 1973 et arrive cette fois sans doute possible au bout de la paroi rocheuse mais ne franchi pas le capuchon de neige et de glace instable qui recouvre toujours le sommet du Cerro Torre.
Une ascension inachevée en quelque sorte et surtout une ascension "volée" , puisque réussi a l'aide d'un compresseur et d'une perceuse lui permettant de fixer des pitons sur toutes les sections difficiles. Le fameux compresseur de 150 kilos étant toujours resté fixé sur la paroi depuis lors...
Toujours est il que vu d'en bas ces deux montagnes sont réellement impressionnantes et exercent sur vous une sorte de mélange entre effroi et magnétisme...
Ils sont caractérisés par une verticalité continue, des passages sur des murs de granite lisse ou sur de la glace friable, ainsi que par une exposition fréquente a des conditions climatiques extrêmes.
Deux belles rencontres et l'occasion de faire un retour en arrière historique sur la légende de l'alpinisme.
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